23 mars 2007
Censure de l'information qui dérange
De la censure et de l’information
à
destination du peuple
par Denis Robert
Jamais je n’aurais imaginé en arriver à devoir me défendre comme je le fais. Mon métier, c’est d’écrire. J’en arrive parfois à être dégoûté de l’exercer. Ce n’est pas une lubie passagère, ni une panne d’inspiration, ni un sentiment irrémédiable. Je déborde de projets, mais ce matin, en descendant à mon bureau, un appel de mon avocat m’a tout à coup arrêté.
Il m’apprend que Clearstream envoie les huissiers pour une saisie sur mes comptes personnels. Environ huit mille euros me sont réclamés. Jusqu’à présent les huissiers m’amenaient des plaintes par paquet de dix mais c’est la première fois qu’il menace de bloquer mes comptes. C’est à la suite d’une énième plainte de Clearstream contre une interview tronquée publiée par VSD en juin dernier. De toutes les galères (et les bonheurs) que je vis depuis que je me suis intéressé au fonctionnement trouble de la multinationale luxembourgeoise, cette condamnation est ce que j’ai le plus de mal à accepter. Tant elle est imméritée. Je suis condamné en première instance et pour diffamation alors que je ne me suis pas défendu sur le fond, ne reconnaissant pas mes mots dans la présentation faite par l’hebdomadaire. Cette décision est exécutoire. Ce qui est exceptionnel en matière de diffamation. Même si j’ai fait appel, je dois payer. Il y a généralement entre des parties opposées une sorte de gentlemen agreement pour attendre l’appel avant d’exécuter un jugement. Là, l’huissier vient de recevoir l’ordre impératif de récupérer des fonds. Mes fonds.
Il y a volonté délibérée de me faire payer, au sens propre comme au figuré. Si la somme n’est pas anodine, je fais d’abord une question de principe de cette menace. Elle me permet d’expliquer comment s’exerce aujourd’hui la censure en France. Je rappellerai seulement que le chiffre d’affaires de la multinationale basée à Luxembourg mais qui compte pour clients les plus grandes banques de la planète s’est élevée à près de vingt milliards d’euros l’an passé.
Clearstream et son avocat ont appris à faire un amalgame entre l’affaire du corbeau qui occupe les journaux français depuis un an et celle des comptes non publiés qui permettent de dissimuler des transactions qui les fatigue par sa complexité supposée. Ma mise en examen en décembre dernier pour recel d’abus de vol et d’abus de confiance devant les juges d’Huy et Pons n’a rien arrangé. Je suis à tort présenté comme celui qui a initié la manipulation de listing, alors que ma contre-enquête publiée en juin dernier débloque l’instruction et dédouane Clearstream. Passons…
Le service juridique de la multinationale va maintenant pouvoir faire publier (en partie à mes frais, ça me mine) dans des journaux français et étrangers le fait que j’ai été condamné pour avoir dit (à VSD) qu’ils étaient « un poumon de la finance parallèle ». C’est le but de l’exécution de ce matin.
Il suffit de jeter un œil aux annexes de mes livres ou aux listings authentifiés par la firme et publiés dans la presse, de comptabiliser les comptes ouverts dans les 40 paradis fiscaux alimentés par des milliers de clients de Clearstream pour ne pas douter du rôle fondamental joué, au moins jusqu’en 2002, par ce poumon financier dans ce qu’on peut appeler « l’économie grise ». Doux euphémisme. Si ces clients peuvent ouvrir au sein de la chambre de compensation ces comptes (entre 6000 et 7000 selon mes calculs et les listes de 2001) dans ces lieux protégés des regards importuns et faciliter ainsi les transferts de milliards d’euros en les rendant inaccessibles à tout contrôle, ce n’est pas alimenter une finance parallèle, qu’est ce que c’est ?
Je rends publique cette question. Je ne devrais pas. Là, intervient la censure. Aujourd’hui, poser cette interrogation légitime et de bon sens (me) fait prendre un risque judiciaire et financier. Ce n’est pas une mais plusieurs dizaines de plaintes en diffamation qui courent en ce moment contre moi, mon éditeur ou la chaîne qui a eu le malheur (ou le courage, c’est selon) de diffuser mes films... J’ai tout gagné jusqu’à présent sauf ce foutu procès VSD et les deux procès contre mon premier livre et mon premier film où j’ai été condamné deux fois à un euro et où j’ai fait appel. Ceux qui en douteraient peuvent facilement le vérifier sur le Net (tapez Google ou ladominationdumonde/blogspot.com). Cette situation marque une régression démocratique. Un abus de position dominante. C’est un viol supplémentaire et intolérable à la liberté d’informer et d’écrire.
A trop laisser faire, on ne finira pas tous au paradis mais à l’ANPE. C’est de cela qu’il s’agit. L’argent ainsi subtilisé par les champions de la Forbes academy ne naît pas de rien, n’est pas virtuel. L’argent qui fuit est celui des hommes qui travaillent. Passons…
Je reçois ces derniers jours, suite aux remous récents suscités par l’affaire du corbeau, des appels de journalistes. Tous me racontent le couplet servi par l’oiseau de mauvaise augure chargé de la communication de la Clearstream Company. Il passe ses journées à faire la tournée des rédactions et mettre en avant « ma » condamnation (elle finira en légion d’honneur…). Il prévient que je ne suis « pas fiable », que je suis « seul et de plus en plus isolé », que j’ai « perdu tous mes procès », que je suis « quémandeur d’un accord »… Il envoie complaisamment par fax les pages du dernier jugement (merci pour les copies). Ces journalistes à qui j’ai parlé rendent compte qu’un « cordon de sécurité» serait tendu autour de mon travail. Ce n’est pas une découverte. Je sens le souffre et la sueur altermondialiste. Denis Robert est excessif. C’est un poète. Un Jules Verne de la finance. Il a pété les plombs. Je les ennuie, je le comprends. Il préfèreraient que je n’existe pas. Je les comprends moins.
Je suis utile les gars… Et résistant. Plus vous m’enverrez d’huissier. Moins je serais gentil. C’est une règle philosophique. Je sais ce que j’ai fait ; et tout le monde peut se tromper. Surtout vous et les magistrats de la 17ième chambre du TGI de Paris.
Les huissiers qui débarquent ce matin et la publication imminente dans la presse du jugement VSD pourront être interprétées de deux manières. Ceux qui ne connaissent rien à ce dossier vont penser à une défaite me concernant. Les autres auront compris que c’est le signe d’un énervement manifeste de la part de la multinationale Clearstream qui aimerait étouffer les vérités que nous avons publiées. Les gommer. Les pulvériser à coups de menaces. La censure, par la peur des procès, joue à fond.
J’ai une petite idée sur les raisons de cette rapacité soudaine de la part de Clearstream Banking à mon égard. Elle tient aux démarches que nous avons entreprises auprès des candidats à l’élection présidentielle pour mettre en cause le rôle de Clearstream dans les évasions de capitaux. Une lettre ouverte vient en effet d’être envoyée à chacun d’entre eux (http://lesoutien.blogspot.com/). Elle tient encore plus à la sortie simultanée cette semaine de deux livres écrits par les principaux protagonistes de l’affaire des listings trafiqués.
Si le premier, celui de l’informaticien Imad Lahoud (un coupable idéal, Privé) s’en prend trop prudemment à Clearstream et accumule tellement de mensonges et de contre-vérités qu’il a perdu toute crédibilité, le second co-écrit par Jean Louis Gergorin, ex numéro deux d’Eads, (Rapacités, Fayard) est accablant pour la firme. Gergorin raconte comment il a découvert cet « instrument extraordinaire de la finance internationale aux capacités pour le moins inquiétantes ». Il cite un ancien directeur du Trésor qui explique « Clearstream facilite la réintégration dans le système financier de fonds dont il vaut mieux ne pas connaître l'origine ». Il développe, avec précision, les moyens utilisés par la multinationale pour fabriquer de l’opacité et la vendre à ses clients.
Devenu par sa fonction de responsable de la stratégie d’Eads un abonné aux services Internet et Intranet de Clearstream, il peut montrer comment ouvrir des comptes dit « additionnels » qui servent de « véhicules financiers » aux transactions douteuses. « Aux véhicules financiers immatriculés -les comptes principaux- peuvent se voir attelées des remorques sans plaque d’identification visible, puisque les comptes additionnels ne sont pas forcément publiés ». Il ajoute que les ayant droit économiques de ces comptes ne sont pas connus de Clearstream, que ces derniers peuvent être « des particuliers ». Et transférer à leur guise et en toute discrétion « des liquidités ». Ce qu’a toujours et d’une manière forcenée nié la multinationale. Gergorin décrit pourquoi ces transactions parallèles ne laissent pas de traces dans la comptabilité. Il dénombre 11296 comptes additionnels (non publiés) : « Ce n'est pas une mince affaire… Après 5 mois d'analyse, j'ai acquis la conviction qu'il existe chez Clearstream jusqu'en 2001 et probablement jusqu'en 2004, une catégorie extraordinaire de comptes qu'on pourrait appeler les comptes morts-vivants »
Onze mille deux cent quatre vingt seize comptes.
Toute l’explication de Gergorin, et c’est sûrement le fait le plus remarquable, repose sur des textes récupérés légalement de l’intérieur de la firme qu’il publie en annexes. Difficile d’en nier l’existence.
C’est la première fois depuis six années que l’affaire est sortie qu’un travail de réflexion et d’enquête est réalisé dans la continuité du nôtre. Ce n’est pas un journaliste qui le fait (encore qu’il se soit adjoint la collaboration de l’excellente Sophie Coignard). C’est un polytechnicien, un vendeur d’armes et d’Airbus. Un haut fonctionnaire qui petit-déjeune avec Kissinger, déjeune avec Dominique de Villepin et dîne avec tous les banquiers de la planète.
J’ignore qui a manipulé qui dans l’affaire de corbeau, même si le tableau se fait plus précis ces derniers temps, mais je ne vois pas l’intérêt pour Jean Louis Gergorin, du fait de ses casseroles médiatiques, de sa mise en examen et des risques encourus, de commettre pareil livre aujourd’hui. C’est le signe d’une sincérité. D’un retour à l’humain. Gergorin, après s’en être bien servi, se rend compte de la voracité du système financier international. De sa dérive organique… Ce qui peut paraître paradoxal compte tenu de tout ce qu’on a écrit sur lui. C’est trop facile aujourd’hui de le renvoyer à son hypothétique folie comme le font les mauvais journalistes ou les témoins peu fiables genre Lahoud. Ceux qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez ou sont instrumentalisés pour fabriquer des écrans de fumée.
Relevons ce paradoxe : plus une affaire est médiatisée, moins le public est informé. Aujourd’hui que la pression judiciaire est temporairement retombée et que ces livres sortent, on pourrait plus facilement trouver la clé et dire les rôles joués par les uns et les autres. Y compris revenir sur le fonctionnement dangereux de la chambre de compensation luxembourgeoise. Mais tout le monde semble s’en moquer. Trop sulfureux, dit-on. Trop compliqué, répète-t-on. La campagne électorale annihile toutes velléités d’information. Nous sommes entrés insidieusement dans la censure. On se prive d’informations de peur de…
Le parti socialiste devrait pourtant se saisir de cette affaire et de ces nouvelles révélations. Bayrou aussi. Et pourquoi pas Sarkozy ? Surtout s’ils n’ont rien à se reprocher. Clearstream met en exergue plusieurs fléaux : la restriction de la liberté d’écrire et d’informer, les combines de la droite au pouvoir et l’absence de contrôle sur les outils financiers transnationaux. Jamais les paradis fiscaux ne se sont si bien portés. Jamais les journalistes n’ont été aussi impuissants. Jamais les juteuses rétrocommissions des frégates ne se sont si bien cachées… Le peuple, puisque Ségolène Royal s’y réfère aujourd’hui… « Je n’ai de compte à rendre qu’au peuple » dit-elle, après que Sarkozy cite Jaurès et son attachement au «monde ouvrier »… Le peuple donc… est passionné par ces affaires. Bien plus que par les anecdotiques révélations sur des bidouillages d’impôts ou des appartements sous-payés… Le peuple a envie qu’on l’informe et qu’on le défende sur le terrain de l’hyper-finance. Je le connais le peuple, c’est mon copain. Il a horreur qu’on se moque de lui et qu’on parle en son nom. Surtout qu’il dormait tranquillement depuis si longtemps. Le peuple a de la mémoire, une capacité d’encaissement limitée. Et une sorte de colère qui dort et qu’il ne faudrait pas trop chercher à réveiller.
DR
16 mars 2007
José Bové, une campagne hors normes
POLITIS du jeudi 15 mars 2007
La candidature « collective » de
José Bové étonne et détone. Si l’obstacle des parrainages est levé, elle devra
mieux concilier inventivité et organisation. C’est le seul véritable obstacle
qu’il leur reste à franchir. Vendredi soir, les militants rassemblés autour de
José Bové sauront s’ils disposent d’assez de parrainages d’élus pour continuer.
Lundi, le leader paysan, en déplacement à Calais, se disait
« confiant ». La veille au soir, il disposait de 459 signatures, selon
un pointage présenté lors d’une réunion de sa direction de campagne. Et aucun
des participants n’envisageait que les 800 militants mobilisés pour cette
collecte échouent si près du but. À moins d’un « bug de dernière
minute », la réunion nationale des collectifs antilibéraux, qui se tient ce
week-end à la bourse du travail de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ne sera qu’une
formalité. Certes, le maintien des autres candidatures
antilibérales, la personnalisation de la campagne du syndicaliste paysan et sa
faible audience dans les sondages seront vraisemblablement discutés lors de ce
rassemblement décidé lors de la rencontre de Montreuil, fin janvier, pour
vérifier que l’action engagée suscite « une dynamique populaire ».
Mais ces critiques, rassemblées dans une contribution commune signée de
Clémentine Autain, Claude Debons et Christian Picquet (Politis n°942),
n’affectent pas la détermination des militants. Selon eux, elles sont
essentiellement le fait d’observateurs extérieurs à la campagne, quand le
sentiment qui domine chez ceux qui la font est « largement positif ».
Eux mesurent le chemin parcouru. En un mois et demi, la candidature Bové
s’est improvisée. Il a d’abord fallu constituer des « comités Bové »
distincts des collectifs existants, rappelle-t-on dans son staff de campagne, où
l’on précise aussi que ce souci destiné à ne pas hypothéquer un travail unitaire
ultérieur est « une des raisons du retard pris par la campagne ».
Lancée le 1er février « sans moyens et sans organisation
préexistante », la candidature Bové a les attributs d’une grande
(candidature). Une équipe de campagne, avec une vingtaine de porte-parole. Un
siège déniché dans un quartier populaire parisien, près du Père-Lachaise. Un
site Internet moins artisanal que celui qui avait permis, en janvier, de
recueillir plus de 40 000 parrainages citoyens. Un programme, repris des 125
propositions élaborées à l’automne par les collectifs antilibéraux avec l’aval
des partis représentés alors dans le collectif d’initiative national unitaire.
Des affiches et des tracts nationaux acheminés dans de bons délais aux comités
qui les commandent. Enfin, deux slogans « Osez Bové », « Un
autre monde est en marche » et un logo identifiable à défaut d’être
bien identifié. Anémone ou coquelicot ? Le coquelicot, expliquent José Bové et
ses amis, a la particularité d’être à la fois l’emblème d’une lutte sociale
la Commune de Paris et un indicateur environnemental il pousse
sur des terrains vierges de pollution. Cette inventivité fait le charme et la
fraîcheur des meetings de « l’Alternative antilibérale ». À chaque
étape du « Bové tour » Aubagne (2 500 participants), Saint-Denis
(1 500), Toulouse (3 000), Clermont-Ferrand (2 000)... , les salles
débordent. La tribune aussi : jusqu’à vingt orateurs. Des politiques
aguerris, parmi lesquels se rangent le communiste Patrick Braouezec, la Verte
Francine Bavay, l’alternatif Jean-Jacques Boislaroussie, Claire Villiers, mais
aussi Yves Salesse, aux interventions pointilleuses. Et des responsables
associatifs et des « électrons libres » sans lesquels cette
candidature ne seraient pas vraiment celle des « sans-voix ».
Propositions, analyses et témoignages se mêlent, entrecoupés de vidéos amateurs,
de slam ou de chansons. Un défilé désordonné, hors normes dans une campagne
présidentielle. Chacune des sensibilités qui soutiennent la candidature Bové a
droit à ses cinq minutes de lumière. Certains bavards, comme Nordine Iznasni, du
Mouvement immigration banlieues (MIB), s’en octroient plus. Et si José Bové
intervient brièvement, à plusieurs reprises, cela suffit à faire émerger des
figures moins connues. C’est le cas d’Eros Sana. « Le côté collectif et trait d’union
est une vraie réalité », atteste Jean-Robert Velveth. Mais cette diversité
a son revers : « Les forces militantes existent, mais elles n’ont pas
d’habitudes militantes ensemble », note cet ex-attaché de presse d’Olivier
Besancenot en 2002. D’où une tendance à la dispersion et une absence de
professionnalisme qui place parfois le candidat en situation délicate. En
déplacement, celui-ci s’est déjà trouvé en difficulté lors de conférences de
presse, faute d’une structure qui aurait pu le briefer sur les réalités
locales. Cette « campagne inédite », portée
par « une indéniable dynamique militante » dans laquelle certains
« s’engagent pour la première fois en politique », rassemble plus que
les candidatures Buffet et Besancenot, qui ne font « même pas » le
plein « de la totalité de leurs propres partis », se félicite Rémy
Jean, l’un des initiateurs de l’appel à la candidature de José Bové. Tout en
concédant la nécessité de « procéder à quelques corrections de trajectoire
politiques et organisationnelles » pour « concilier rigueur
organisationnelle et inventivité ». C’est le prochain défi qui attend les
partisans de José Bové. Si l’obstacle des signatures est franchi...
15 mars 2007
Mort de Lucie Aubrac
PARIS, 15 mars 2007 (AFP/AFP)
Dans l'un de ses derniers engagements,
début
2007, Lucie Aubrac, qui fait l'objet d'un hommage unanime jeudi au
lendemain
de son décès, appelait à "résister à l'ordre établi", notamment
au
libéralisme et à une classe politique ayant "le plus grand intérêt à ce
que
rien ne change".
Dans la droite ligne de l'appel qu'elle
avait signé en 2004 avec
plusieurs figures de la Résistance pour que les
jeunes générations
réagissent face à la destruction du "socle des conquêtes
sociales de la
Libération", Mme Aubrac, âgée de 94 ans, a soutenu
l'initiative baptisée
"l'Autre campagne", lancée par des chercheurs et des
acteurs du monde
associatif de gauche dénonçant "la vacuité" des programmes
politiques avant
les élections présidentielle et
législatives.
Un soutien matérialisé par une préface signée par
le couple Aubrac dans
l'ouvrage "L'Autre campagne, 80 propositions à débattre
d'urgence", publié
en janvier 2007 et regroupant notamment des textes de
Susan George,
d'Etienne Balibar ou d'associations comme Droit au Logement
(DAL).
Dans ce texte intitulé "pour un autre programme", Lucie
Aubrac, qui s'est
aussi engagée aux côtés des sans-papiers, saluait "une
audace réconfortante"
et "une utopie réaliste" qui "exprime la possibilité de
résister à l'ordre
établi".
Elle dénonçait "dans une société
pourtant si riche (...) le repli sur
soi, la peur et le mépris de l'autre, le
déni de l'intérêt général au
bénéfice de quelques particuliers, bref le recul
de la démocratie."
Le couple de résistants entrevoyait la
nécessité "d'une autre forme de
lutte, contre des adversaires et des
obstacles qui ne sont plus,
heureusement des forces armées ou des polices
mais qui ne sont pas, pour
autant, faciles à surmonter".
Parmi les obstacles recensés: "l'implantation solide, dans notre pays,
de
forces politiques, sociales et financières qui ont le plus grand intérêt
à
ce que rien ne change" et "disposent d'un large éventail de moyens
matériels
et psychologiques".
Mais aussi "l'emprise mondiale
des forces financières, avec la constante
accumulation d'énormes masses de
capitaux...qui cherchent partout des
placements rentables financièrement
et/ou politiquement et ont "elles aussi,
le plus grand intérêt à ce que rien
ne change".
"Résister, c'est créer", concluait le texte signé
Lucie et Raymond
Aubrac, créer notamment, selon eux, "les conditions d'un
combat victorieux".
06 mars 2007
Le culot de José Bové, une chronique par Jacques Testart
La Décroissance n° 31 : lire ICI.
26 février 2007
Lettre ouverte aux élus de la République
LETTRE OUVERTE AUX ELU(E)S DE LA REPUBLIQUE
Un immense espoir est né le 29 mai 2005. Il a donné naissance à un rassemblement issu de diverses composantes de la gauche regroupant des partis politiques, des associations et des citoyens qui soutient la candidature de José Bové. Ce mouvement risque d'etre condamné au silence politique par les nombreux refus de parrainage.
Dans la procédure démocratique française, pour pouvoir se présenter au suffrage des electeurs, chaque candidat doit être parrainé par la signature de 500 élus. Les maires des 36000 communes, plus éloignés des pratiques partisanes que les autres grands électeurs (députés, sénateurs, conseillers régionaux et généraux), ont ainsi la possibilité de permettre à des visions différentes de la société de s'exprimer. Ils peuvent, grâce à leur soutien, faire échec au bipartisme que les grands médias veulent nous imposer. Pour que de vrais débats d'idées aient lieu, nos maires doivent s'engager. Non pour un candidat mais pour que s'ouvre le débat sans lequel la Démocratie n'existe pas. Le refus de parrainage, par crainte des conséquences négatives tant pour la gestion de leur commune que vis à vis de leurs administrés, sonne le glas d'une pratique qui mériterait d'être remise en cause. Ces élu(e)s peuvent parrainer une candidature car ils représentent un certain nombre d'électeurs. Si nos représentants refusent cette responsabilité, peut-être faudrait-il envisager qu'un pourcentage (à définir) d'électeurs puissent le faire directement.
Mesdames et Messieurs les élu(e)s de la République, vous êtes les représentant(e)s de tous les citoyen(ne)s qui vous ont désignés, pas seulement de ceux qui vous reprochent votre signature. Nous vous demandons simplement d'accomplir votre devoir civique afin que vive la Démocratie et que le débat puisse s'engager.
Le Comité romanais de soutien à José Bové
