16 mars 2007
Keny Arkana > Autre Monde Possible
Documentaire inédit : "Un Autre Monde est Possible" / Keny Arkana
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23 ans. Origines notamment argentines. Marseillaise. Inclassable. Un flow extraordinaire. Un fond hors norme (...).
C’est le fan, plus que le blogreporter qui s’exprime. Keny est LA rappeuse non pas du moment mais de "demain". Keny est un ovni, un extra-terrestre, une alter-terrestre, qui a les pieds rivés sur terre et le regard qui porte loin. Keny est en guerre. Permanente. Contre les inerties, les iniquités, les placebos de solutions, elle est LA RAGE, une rage nourrie de foi (la foi en la vie, l’autre, l’espoir, rien qui ne dorme dans des livres convenus et autres best-seller de la croyance dogmatique). Et Keny est amour. Un amour armé prés à incendier les immobilismes.
Elle s’appelle donc Keny Arkana,
Son album : "Entre ciment et belle étoile".
L’an passé - grâce ou via, et peu importe, une amie à l’ouie fine - je découvrais et bloguais son premier clip. Aujourd’hui Keny est "mainstream", Goncourisée par BBB. Vous ne la verrez pourtant pas sur les plateaux télé. "Pas demain", me confie-t-elle. Elle ne sera pas "l’alibi démocratique" d’un système qu’elle condamne et récuse. Elle ne sera pas la Bimbo péchue du PAF, la rappeuse explosive "caution du totalitarisme" aux rythmes rugueux et aux produits dérivés "made in misère".
Keny est une alter-terrestre. Qu’on se le dise.
Je vous propose de découvrir ici son clip, parmi les plus plébiscités chez Daily, son docu-carnet de route (filmée par la miss et réalisée par sa "sœur" Clem - sauf bug de dernière minute), mais aussi quelques titres de son album (en écoute tout ce mois de novembre sur le podcast express de Nuesblog) ainsi que de prêter l’oreille à ce qui devait être une interview "papier" et restera un échange hors du temps.
Confidence pour confidence, Keny a plus que ce quelque chose de magique. Elle a cette sincérité et cette énergie qui déplace les certitudes. Les montagnes, c’est connu, il faut plus d’un homme pour les mouvoir. A ce jeux c’est à vous, à nous, d’entrer maintenant en course. Demain est riche. De possible. De luttes. De dangers. Demain n’est pas si loin. Demain est ce que vous en ferez...
Elle, n’est pas la dernière à l’ouvrir.
Attention talent...
Interview / Partie 1 (6 minutes) >
Nous évoquons : ses parents, le(s) foyer(s), les fugues, les voyages, l’Amérique du sud, la nouvelle scène rap, Assassin, NTM, la Fonki Family, les familles musicales, ses frères et soeurs, sa famille, les galères d’une jeune artiste autoproduite, "la Callita", "Because Music", les licences, les majors et autres maisons de disques, ses engagements militants, introduction à son carnet de route...
Interview / Partie 2 (20 minutes) >
"Un autre Monde est possible", le Chiapas, les luttes, l’alternative au modèle capitaliste, le tournage de son docu, les diffusions et la diffusion virale, Marcos, le zappatisme, les causes universelles, ses vagabondages estivaux, les conférences internationales, l’Argentine, la crise économique, le FMI, ses combats sociétaux, les causes de nos maux, Bamako, les forums mondiaux, les alters, sa bio, le néolibéralisme, notre modèle de société, la mondialisation, l’OMC, les souverainetés nationales, les poches de résistances, les localités autogérées, les réseaux, l’émancipation et la construction, les coopératives paysanes, la consommation locale, les consomacteurs, les expérimentations locales, le pouvoir de l’acte de consomation citoyen, la construction alternative, le poid (nul selon Keny) du/des politique(s), les privatisations, le monde de demain, la qualité du travail, la rentabilité, les services publiques, l’humain et le vivant au coeur de la politique, le capitalisme financier "ils jouent au monopoly sur nos têtes", le rois profit, la "révolution interieure et la révolution radicale", les mécanismes du système, changer le monde, "avoir versus être", l’éducation, "on est tous des lumières et on ne demande qu’à briller (...) soyons nous-même, nous serons moins névrosés", la réhumanisation, inertie et immobilisme, la haine inerte et la rage constructive, l’embourgeoisement, les convictions vicérales, la religion et la spititualité (on y revient ensuite également), le rôle des médias et les placébos de la libre expresion, son clip sur MTV, les censures malignes, les organismes qui gangrainent les dynamiques citoyennes, les leures des espaces "soupapes de sécurité du système" et autres récupérations et mensonges sous forme de "cautions rebelion" éphémères, son refus du culte (et de la société) de l’image, de la starification, la conjoncture modiale et les enjeux de la présidentielle : "éviter la dictature", Keny électrice, Alternative Unitaire, les partis et idéologies, retour sur les alters et "un autre modèle", le communisme impossible en Europe, les utopies des idéologies politiques, Le Pen, le vote Front National, les traités européens, Le Pen-Sarko, les stratégie du danger, le clash de la démocratie, le "meilleur" révélé dans les crises...
Interview / Partie 3 (12 minutes) >
Cachan, les sans papiers, l’immigration, le CPE, le syndicalisme, l’engagement militant, le double-jeux des associations, la sclérolisation des luttes par les services individuels rendus, "la rage du peuple" son collectif, le fake du travail pour tous et des outils démocratiques, le réformiste et "babylon", la démocratie participative et Ségolène Royal, l’UMPS, l’esclavagisme du confort, la prise en compte des précarités réelles, le rôle de l’information et de la connaissance, la société de modération, public versus privé, le cas des nanotechnologies, la maîrise de l’humain et du vivant par le progrès manufacturé, les systèmes de fréquences, la défense de l’environnement, du vivant, le réchauffement climatique "si tu vies en harmonie avec ta nature tu vies en hamonie avec la nature", "microcosme versus macrocosme", les nouveaux modèles, les croyances (suite), la part de spiritualité versus religions & doctrines, la foi, croire en sois, "la religion qui anestésie la foi", la spiritualité libératrice, l’idéalisme, la foi dans le changement qui va au-delà de la rage, "la belle étoile" entre la rage et la foi, sa tournée (...) et la discussion s’estompe pour laisser la place à vos réactions. J’ai voulu dire réflexions. A vous...
> écouter l'interview et voir son clip / La Rage : http://www.nuesblog.com/?396/Keny-Arkana-entre-la-rage-le-talent-et-la-foi
José Bové, une campagne hors normes
POLITIS du jeudi 15 mars 2007
La candidature « collective » de
José Bové étonne et détone. Si l’obstacle des parrainages est levé, elle devra
mieux concilier inventivité et organisation. C’est le seul véritable obstacle
qu’il leur reste à franchir. Vendredi soir, les militants rassemblés autour de
José Bové sauront s’ils disposent d’assez de parrainages d’élus pour continuer.
Lundi, le leader paysan, en déplacement à Calais, se disait
« confiant ». La veille au soir, il disposait de 459 signatures, selon
un pointage présenté lors d’une réunion de sa direction de campagne. Et aucun
des participants n’envisageait que les 800 militants mobilisés pour cette
collecte échouent si près du but. À moins d’un « bug de dernière
minute », la réunion nationale des collectifs antilibéraux, qui se tient ce
week-end à la bourse du travail de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ne sera qu’une
formalité.
Certes, le maintien des autres candidatures
antilibérales, la personnalisation de la campagne du syndicaliste paysan et sa
faible audience dans les sondages seront vraisemblablement discutés lors de ce
rassemblement décidé lors de la rencontre de Montreuil, fin janvier, pour
vérifier que l’action engagée suscite « une dynamique populaire ».
Mais ces critiques, rassemblées dans une contribution commune signée de
Clémentine Autain, Claude Debons et Christian Picquet (Politis n°942),
n’affectent pas la détermination des militants. Selon eux, elles sont
essentiellement le fait d’observateurs extérieurs à la campagne, quand le
sentiment qui domine chez ceux qui la font est « largement positif ».
Eux mesurent le chemin parcouru.
En un mois et demi, la candidature Bové
s’est improvisée. Il a d’abord fallu constituer des « comités Bové »
distincts des collectifs existants, rappelle-t-on dans son staff de campagne, où
l’on précise aussi que ce souci destiné à ne pas hypothéquer un travail unitaire
ultérieur est « une des raisons du retard pris par la campagne ».
Lancée le 1er février « sans moyens et sans organisation
préexistante », la candidature Bové a les attributs d’une grande
(candidature). Une équipe de campagne, avec une vingtaine de porte-parole. Un
siège déniché dans un quartier populaire parisien, près du Père-Lachaise. Un
site Internet moins artisanal que celui qui avait permis, en janvier, de
recueillir plus de 40 000 parrainages citoyens. Un programme, repris des 125
propositions élaborées à l’automne par les collectifs antilibéraux avec l’aval
des partis représentés alors dans le collectif d’initiative national unitaire.
Des affiches et des tracts nationaux acheminés dans de bons délais aux comités
qui les commandent. Enfin, deux slogans « Osez Bové », « Un
autre monde est en marche » et un logo identifiable à défaut d’être
bien identifié. Anémone ou coquelicot ? Le coquelicot, expliquent José Bové et
ses amis, a la particularité d’être à la fois l’emblème d’une lutte sociale
la Commune de Paris et un indicateur environnemental il pousse
sur des terrains vierges de pollution.
Cette inventivité fait le charme et la
fraîcheur des meetings de « l’Alternative antilibérale ». À chaque
étape du « Bové tour » Aubagne (2 500 participants), Saint-Denis
(1 500), Toulouse (3 000), Clermont-Ferrand (2 000)... , les salles
débordent. La tribune aussi : jusqu’à vingt orateurs. Des politiques
aguerris, parmi lesquels se rangent le communiste Patrick Braouezec, la Verte
Francine Bavay, l’alternatif Jean-Jacques Boislaroussie, Claire Villiers, mais
aussi Yves Salesse, aux interventions pointilleuses. Et des responsables
associatifs et des « électrons libres » sans lesquels cette
candidature ne seraient pas vraiment celle des « sans-voix ».
Propositions, analyses et témoignages se mêlent, entrecoupés de vidéos amateurs,
de slam ou de chansons. Un défilé désordonné, hors normes dans une campagne
présidentielle. Chacune des sensibilités qui soutiennent la candidature Bové a
droit à ses cinq minutes de lumière. Certains bavards, comme Nordine Iznasni, du
Mouvement immigration banlieues (MIB), s’en octroient plus. Et si José Bové
intervient brièvement, à plusieurs reprises, cela suffit à faire émerger des
figures moins connues. C’est le cas d’Eros Sana.
« Le côté collectif et trait d’union
est une vraie réalité », atteste Jean-Robert Velveth. Mais cette diversité
a son revers : « Les forces militantes existent, mais elles n’ont pas
d’habitudes militantes ensemble », note cet ex-attaché de presse d’Olivier
Besancenot en 2002. D’où une tendance à la dispersion et une absence de
professionnalisme qui place parfois le candidat en situation délicate. En
déplacement, celui-ci s’est déjà trouvé en difficulté lors de conférences de
presse, faute d’une structure qui aurait pu le briefer sur les réalités
locales.
Cette « campagne inédite », portée
par « une indéniable dynamique militante » dans laquelle certains
« s’engagent pour la première fois en politique », rassemble plus que
les candidatures Buffet et Besancenot, qui ne font « même pas » le
plein « de la totalité de leurs propres partis », se félicite Rémy
Jean, l’un des initiateurs de l’appel à la candidature de José Bové. Tout en
concédant la nécessité de « procéder à quelques corrections de trajectoire
politiques et organisationnelles » pour « concilier rigueur
organisationnelle et inventivité ». C’est le prochain défi qui attend les
partisans de José Bové. Si l’obstacle des signatures est franchi...
